petitmineur

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Location: Belgium

Je suis un grain de sable au milieu du désert, une goutte d'eau dans l'océan et pourtant comme tous les grains de sable et comme toutes les gouttes d'eau, je suis unique.

Wednesday, September 27, 2006


44. Pas un geste, pas un regard ne trahit les véritables sentiments du Duc Noir et de ses trois hommes qui savaient pourtant que celui qu'ils appelaient "Votre Majesté" était un imposteur. Il lui baisèrent la main en gage de loyauté et prirent congé. Les yeux de Rassendyll rencontrèrent ceux de la Princesse Flavia: ils étaient assombris par l'inquiétude. On eut dit qu'elle pressentait le terrible danger qui planait sur lui. Une fois de plus, il éprouva le désir de se confier à elle.

43. Rassendyll ne fut pas dupe. Une certitude s'imposait à lui:
"Ce gredin sait que je ne suis pas - que je ne peux pas être le roi. Quel jeu est-il en train de jouer ?".
Sans lui laisser le temps de parler, le Duc Noir poursuivit:
"Trois de mes plus fidèles amis sollicitent l'honneur d'être présentés à Votre Majesté. Ils m'attendent dans l'antichambre".
Sous le regard anxieux de la princesse Flavia qui dissimulait mal son antipathie pour le nouvel arrivant, Rassendyll suivit celui-ci dans la pièce voisine où il se trouva face à face avec trois hommes en uniforme que le Duc Noir lui présenta en ces termes:
" Sire, permettez-moi de vous présenter De Gautet, Bersonin et Detchard.


42. La conversation qui s'engagea manquait de naturel et Rassendyll faillit tout avouer à la princesse tant il était persuadé que cette touchante jeune femme ne pouvait être qu'un loyal sujet de roi. Mais avant qu'il ait pu dire un mot, un autre visiteur se fit annoncer...
"Son Altesse Royale le Duc de Steslau !" "Rassendyll fit volte-face et ses yeux rencontrèrent le regard sombre et inquiétant du Duc Noir. "J'espère que votre Majesté a passé une bonne nuit", murmura ce dernier avec une douceur affectée.


41. Les deux fidèles officiers mirent Rassendyll au courant des détails de la vie quotidienne du roi Rudolf lorsqu'il résidait à Streslau. Rassendyll tomba d'accord avec eux qu'il serait tout à fait indiqué de rendre visite à sa "cousine" la belle princesse Flavia. En conséquence, il se rendit, à travers la ville, à la résidence princière. Le faux roi fut aussitôt introduit dans le salon de la princesse et il sentit son coeur battre plus vite en revoyant le joli visage de la jeune femme.


40. Ils pansèrent le doigt blessé de Rassendyll. Un peu plus tard, comme les trois hommes étaient réunis autour du petit déjeuner servi par un valet de confiance, Sapt prit son parti des évènements. Cette blessure serait bonne à quelque chose: elle dispenserait Rassendyll d'apposer une fausse signature au bas de papiers officiels.
"Car nous ne savons pas combien de temps va se poursuivre cette substitution. Il est certain que, tant que vous êtes sur le trône, le Duc Noir n'a rien à gagner en tuant le vrai roi", dit-il.

Saturday, September 23, 2006


39. L'aube se levait quand ils arrivèrent au palais royal de Streslau: un passage secret leur permit de regagner sans être vus les appartements du roi.
Le jeune Fritz von Tarlenheim les y attendait. Il s'était étendu tout habillé sur un sofa. Il se leva d'un bond en les voyant et se mit au garde à vous en apercevant Rassendyll :
"Dieu soit loué, Sire, vous êtes sain et sauf", cria-t-il.
En secouant tristement la tête Sapt le détrompa: "Non, c'est Rassendyll qui m'accompagne. Le roi est au mains du Duc Noir".

Friday, September 22, 2006


38. Des coups de pistolet claquèrent tandis que les deux cavaliers poursuivaient leur chemin.
Soudain, une balle frôla Rassendyll qui ressentit une violente douleur au doigt. Mais les fugitifs furent bientôt hors de portée de leurs ennemis et aucun des hommes du Duc Noir n'eut le courage de se lancer à leur poursuite.
Quand ils furent à bonne distance du pavillon, ils ralentirent leur allure. "Ils ont vu votre visage et vous ont pris pour le roi", s'écria Sapt, "voilà qui va jeter le trouble dans les plans du Duc Noir !".

37. Rassendyll s'élança sur celui des arrivants qui se trouvait à sa portée.
L'homme tira un coup de pistolet, Rassendyll entendit la balle siffler à son oreille comme il portait à son adversaire un terrible coup d'épée. Il éprouva une joie sauvage à voir l'homme culbuter à bas de son cheval. Une seconde plus tard, les deux intrépides cavaliers atteignaient l'extrémité de l'allée et reprenaient la route de Steslau.
"Juste ciel !", cria quelqu'un, "C'est le Roi ! Tirez sur lui !".

Wednesday, September 20, 2006


36. "Il faut faire un éclat pour venger Joseph !", s'écria-t-il. "Cherchons des épées et donnons à ces gredins une leçon dont ils se souviendront longtemps".
Il ne leur fut pas difficile de trouver des épées. Ainsi armés, ils se glissèrent hors du pavillon par la porte de derrière près de laquelle ils avaient attaché leurs chevaux. Ils sautèrent en selle et firent le tour de la maison au galop pour tomber comme la foudre, en bas de l'allée, sur les hommes qui approchaient sans méfiance.
Les serviteurs de Duc, paralysés par la surprise, n'eurent pas le temps de se disperser. Dans un rugissement de joie sauvage, Rassendyll et Sapt étaient déjà sur eux, brandissant leurs épées qui luisaient sous la lune.

Tuesday, September 19, 2006


35. Comme ils s'apprêtaient à quitter le pavillon, ils virent se profiler sur l'allée que baignait le clair de lune, un groupe d'hommes qui se dirigeaient vers eux.
"Les hommes du Duc Noir", souffla Sapt. "Aux pelles qu'ils portent, on devine qu'ils sont venus enterrer le pauvre Joseph pour effacer toute trace de leur forfait".
D'où ils étaient, ils pouvaient voir sans être vus et le plus sage aurait été de partir sans éveiller l'attention, mais Rassendyll sentit la colère l'emporter sur la prudence.

Monday, September 18, 2006


34. Ce fut le Colonel qui rompit le premier le silence :
"Il n'y a plus qu'une chose à faire, Rassendyll", dit-il. "Il faut que vous retourniez à Streslau pour continuer à tenir le rôle du roi ! Le Duc Noir le retient prisonnier mais, tant que vous êtes sur le trône, il ne peut rien faire sans s'accuser lui-même. Il nous faut trouver le moyen de faire évader le roi. En attendant, mon cher ami, c'est à vous de lui garder sa place chaude !"
Rassendyll comprit que Sapt avait raison : il acquiesça.

Sunday, September 17, 2006


33. Le Colonel Sapt eut beau appeler: Joseph ne répondait pas. Ils se précipitèrent sur la porte de la cave. Le verrou était mis, comme ils l'avaient laissé le matin avant de gagner Streslau pour le couronnement. A la lueur d'une chandelle, ils descendirent l'escalier. Au beau milieu de la cave, étendu sur le sol, gisait un homme ! Les deux arrivants eurent vite fait de reconnaître Joseph. Hélas, on ne pouvait plus rien pour lui ! "Mais le roi, où est-il ?" cria Rassendyll. "Enlevé !" tonna le Colonel Sapt. "Les hommes du Duc Noir sont passés par là !"

Saturday, September 16, 2006



32. Convaincus maintenant que le Duc Noir avait eu vent de leur manège, Rassendyll et Sapt, reprirent leur course vers le rendez-vous de chasse, aussi vite que leurs chevaux pouvaient les porter, mais le coeur plein d'appréhension.
Enfin le pavillon fut en vue. Tout était calme et tranquille mais personne ne parut sur le seuil pour les accueillir.
"Je n'aime pas cela", grommela Sapt. "Où peut bien être Joseph ? Il nous a bien entendus, pourtant !"
Sautant de cheval, ils pénétrèrent dans le pavillon qui était plongé dans l'obscurité la plus complète.

Friday, September 15, 2006


31. Le Duc Noir prononça quelques mots qui furent clairement perçu par les deux hommes aux aguets:
"J'ai cru entendre des chevaux devant nous", disait-il.
"Votre Altesse a dû se tromper", répliqua le domestique avant d'ajouter: "Avec sa permission, nous ferions mieux de gagner le plus vite possible le château de Zenda. Si notre plan doit réussir, il y a encore beaucoup à faire cette nuit".
Le Duc acquiesça de la tête. Il éperonna son cheval, et les deux hommes s'éloignèrent au galop.

Thursday, September 14, 2006


30. Rassendyll et le Colonel Sapt se mirent à couvert avec leurs montures de façon à pouvoir surveiller le route éclairée par la lune.
Deux cavaliers étaient en vue.
"C'est le Duc Noir et l'un de ses serviteurs. Le démon !", grogna Sapt en serrant plus fort la crosse de son pistolet.
Les nouveaux venus s'arrêtèrent et regardèrent autour d'eux.
Rassendyll était prêt à bondir et le doigt du Colonel se crispait sur la gâchette.
Etaient-ils repérés ? Dans ce cas, ils se défendraient jusqu'à la mort.

Wednesday, September 13, 2006


29. Quelques heures plus tard, les deux cavaliers arrivaient à la lisière de la forêt de Zenda. Ils s'engagèrent sur la route obscure qui s'enfonçait à travers bois.
Soudain, Sapt tira sur les rênes, immobilisant sa monture:
"Ecoutez !"
Rassendylle perçut alors le bruit de plusieurs chevaux, sur la route, derrière eux.
"Ou je me trompe fort, ou nous sommes suivis" dit Sapt. "Descendez de cheval, Rassendyll, et mettez-vous à l'abri !"
Et Rassendyll vit briller dans le clair de lune le canon du pistolet que le Colonel venait de tirer des fontes de sa selle

Tuesday, September 12, 2006


28. Dans une rue tranquille; derrière le palais, des chevaux les attendaient. Sapt et Rassendyll montèrent en selle.
"Vous monterez la garde près des appartements royaux", jeta Sapt à Fritz. "Ne laissez entrer personne, sous aucun prétexte. Vous direz que Sa Majesté se repose. Si tout va bien, j'espère être de retour demain matin à l'aube avec le roi, le vrai, cette fois. "
Sur ces mots, Rassendyll et le colonel s'enfoncèrent dans l'obscurité grandissante du crépuscule. Une longue course à travers la campagne allait les conduire au rendez-vous de chasse du château de Zenda où le roi Rudolf était caché.

Monday, September 11, 2006


27. En arrivant dans les appartements royaux, Rassendyll trouva le colonel Sapt et Fritz von Tarlenheim qui l'attendaient.
"Tout s'est bien passé", cria Sapt. " J'ai l'impression que nous avons possédé ce gredin de Duc Noir. Mais il vient de recevoir un message de Zenda, il y a dix minutes à peine. Et je l'ai vu pâlir et sursauter comme s'il avait reçu un choc. Il faut retourner au rendez-vous de chasse au plus vite, au cas où il aurait eu vent de quelque chose. "
Rassendyll se dissimula sous un manteau et les trois hommes quittèrent précipitamment le palais.

Sunday, September 10, 2006


26. Puis, se tournant vers lui, elle le regarda avec insistance.On eût dit qu'elle voulait lire dans ses yeux:
"Savez-vous, Rudolf, que je vous trouve changé. Oui, changé : plus sérieux, plus pondéré. Ne me dites pas que vous avez si vite changé de caractère et que vous avez décidé de prendre à ce point au sérieux vos nouvelles responsabilités !"
Rassendyll s'inquiétait. Avait-elle percé son imposture ?
Il fallait trouver quelque chose à répondre.
"Cela vous plairait-il, à vous, Flavia ?", murmura-t-il.
Pour toute réponse, la jeune fille rougit de nouveau et se détourna pour regarder par la fenêtre.

Saturday, September 09, 2006


25. Ce fut ensuite, dans les rues pavoisées, le défilé jusqu'au palais. Rassendyll était assis dans le carosse royal avec la Princesse Flavia.
Tous les habitants de la capitale étaient massés sur son passage pour acclamer leur nouveau monarque et l'on ne ménageait pas les voeux de bonheur à l'adresse du couple sympathique formé par les deux jeunes gens.
"Que Dieu les bénisse et qu'il les unisse bientôt !"
En entendant ces mots Rassendyll regarda sa compagne à la dérobée et s'aperçut qu'elle rougissait.

Friday, September 08, 2006


24. Puis venait Michel de Strelsau, le Duc Noir. Jamais haine plus noire ne brilla dans les yeux d'un homme que celle que Rassendyll surprit dans les yeux de Duc pendant qu'il baisait la main de celui qu'il prenait pour son royal parent.
Heureusement, Sapt le rassura d'un sourire. Tout allait bien. Le Duc Noir s'était laissé prendre à leur supercherie.
Détendu, Rassendyll se laissa griser un instant par la splendeur de son règne éphémère. Ce serait un souvenir à conserver précieusement.

Thursday, September 07, 2006


23. Quand la cérémonie du couronnement fut enfin terminée, tous les représentants de la noblesse de Ruritanie défilèrent devant le nouveau souverain pour lui jurer fidélité. La première à venir s'agenouiller aux pieds de Rassendyll pour lui baiser la main était la belle Princesse Flavia, la cousine du roi.
La faux roi fut très ému par le charme radieux de la jeune fille et il se souvint que l'on parlait en Ruritanie de son mariage possible avec le roi Rudolf V. Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce que sa main tremblât légèrement lorsque les lèvres de la belle princesse vinrent s'y poser.

Tuesday, September 05, 2006


22. De tout ce qui suivit, jamais, jusqu'au jour de sa mort, Rudolf Rassendyll ne put retrouver le souvenir.
C'est dans un rêve qu'il s'agenouilla devant l'autel tandis que le Cardinal apposait sur son front l'onction sainte. Puis il se releva pour prêter l'antique serment des rois de Ruritanie et jura de bien servir son peuple.
La sonnerie argentine des trompettes déchira l'air quand le Cardinal prit la couronne de Ruritanie et la plaça sur la tête du prétendu monarque. Aussitôt, amplifiés par l'écho des voûtes sonores, retentirent de toutes parts les cris de "Vive le Roi !"


21. Ils remontèrent la grand'nef, au milieu d'une brillante assistance. Dans le choeur, le cardinal de Sreslau s'était levé du trône épiscopal pour accueillir celui qu'il croyait être son roi.
L'attention de Rassendyll fut alors attirée par deux personnages qui se tenaient côte à côte: une femme d'une grande beauté et un homme aux cheveux sombres et en uniforme noir qui le regardait fixement, en proie à une violente surprise:
"Votre cousine, la princesse Flavia", souffla Sapt, "et... le Duc Noir !"

Monday, September 04, 2006


20.Enfin, ils arrivèrent à la Cathédrale. Devant l'imposant porche de pierre grise, Rassendyll mit pied à terre et se découvrit, avant de s'avancer vers les prêtres qui l'attendaient, revêtus de somptueux ornements. Derrière eux, il voyait s'étendre la vaste nef, dans le flot d'harmonies des grandes orgues. Le moment solennel approchait: son courage allait-il l'abandonner ?
Il marqua un temps. Puis il entendit la voix rassurante de Sapt: "Courage, mon vieux."
Et il continua à avancer.

Sunday, September 03, 2006


19. Des chevaux attendaient. Rassendyll monta sur le sien, suivi par Sapt et von Tarlenheim.
Puis le défilé commença. Au pas, ils traversèrent les rues noires de monde au bruit assourdissant des vivats.
Des fleurs pleuvaient des balcons sur le faux roi.
On avait peine à croire qu'une moitié de la population ruritanienne pût soutenir la candidature du Duc Michel.
Rassendyll savait pourtant qu'il en était ainsi et il n'oubliait pas que, pour cette raison, il avait accepté de tenir le rôle du souverain

Saturday, September 02, 2006

18. Quelques instants plus tard,au milieu de l'agitation générale, le roi et son escorte descendaient du train aux accents de l'hymne national ruritanien. Des ordres sonnaient dans l'air du matin et la garde présentait les armes.
Tout en avançant, Sapt glissa à Rassendyll: "Celui de gauche est le maréchal Strakencz et l'autre est votre Grand Chancelier. Vous serrez les mains et c'est tout."
Rassendyll obéit et vit avec soulagement qu'on le prenait sans difficulté pour le roi Rudolf V.

Friday, September 01, 2006

17. "Jusqu'ici tout va bien", grogna Sapt comme le train sortait de la gare. "Vous jouez très bien votre rôle."
Le faux roi se détendit, avec une évidente satisfaction. La situation commençait à l'amuser. Les tours et les clochers de Streslau ne tardèrent pas à apparaître.
"Voici votre capitale , Monseigneur", ironisa Sapt.
"Dans une heure, vous serez roi de Ruritanie - à moins que, d'ici là, il ne survienne une catastrophe !"
Rassendyll sentit sa gorge se serrer et il murmura une courte prière.