petitmineur

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Location: Belgium

Je suis un grain de sable au milieu du désert, une goutte d'eau dans l'océan et pourtant comme tous les grains de sable et comme toutes les gouttes d'eau, je suis unique.

Tuesday, November 21, 2006


52. "Ne les écoutez pas; ils mentent",lui souffla Antoinette de Mauban.
"Votre proposition est généreuse", dit-il à haute voix, "laissez-moi y réfléchir un instant".
En disant ces mots, il se saisit d'un guéridon de jardin en fer et, le tenant devant lui à bout de bras, il s'approcha lentement et sans bruit de la porte entrouverte. Rien ne semblait bouger dans le jardin. Antoinette de Mauban regardait Rassendyll avec des yeux agrandis par la crainte et l'angoisse. Qu'allait-il encore inventer ?

Monday, November 20, 2006


51. Les trois tueurs étaient embusqués près de la porte du pavillon, prêts à tirer. Ce fut Detchard qui parla le premier:
"Nous savons que vous êtes là, Rassendyll", dit-il,
"mais nous ne vous ferons aucun mal. Nous avons l'ordre de vous remettre un sauf-conduit jusqu'à la frontière et une somme de cinquante mille livre. Mais à une condition: jamais plus vous ne remettrez les pieds en Ruritanie !
Sortez immédiatement et nous jurons sur l'honneur de vous laisser quitter le pays sain et sauf, et riche".

Sunday, November 19, 2006


50. Elle avait parlé avec un ton de sincérité qui ne trompait pas et Rassendyll la crut; il avait donc une alliée dans le camp adverse.
Mais avant qu'il n'ait eu le temps de lui répondre, ils entendirent marcher dans le parc.
"Trop tard", murmura la jeune femme dans un souffle et sa voix était étranglée par l'angoisse lorsqu'elle ajouta: "Les tueurs ! Ils sont là !".
Rassendyll regarda par l'entrebaillement de la porte; ils étaient là tous les trois, ceux-là même qu'il avait vus quelques jours auparavant dans l'antichambre de la Princesse; il les reconnaissait: de Gautet, Bersonin et Detchard, les hommes de main du Duc Noir !
Ils avançaient silencieusement vers la maison et le clair de lune faisait briller le caon de leurs armes.

Saturday, November 18, 2006


49. Elle lui révéla qu'elle n'avait écrit cette lettre que sur l'ordre du Duc Noir. C'était un piège. Rassendyll serait tué cette nuit; le roi assassiné et le Duc Noir proclamé roi dès le lendemain matin.
"Mais je suis avec vous, Monsieur"
et elle ajouta farouchement:
"Si Michel devient roi, il épousera la Princesse Flavia et je ne pourrai plus être sa femme. Voilà pourquoi je suis prête à le trahir et à déjouer ses plans. Et maintenant, partez, partez vite; ils seront Bientôt là".

Friday, November 17, 2006


48. Rassendyll se glissa silencieusement dans le parc obscur; arrivé devant le pavillon, il sortit un revolver et se dirigea vers la porte avec précaution.
Le loquet s'ouvrit sous sa poussée et il entra. Une silhouette remua dans l'ombre et il sentit une douce main de femme qui serrait la sienne.
Dans un rayon de lune, il entrevit un visage d'une étrange beauté.
"Je suis Antoinette de Mauban", murmura la femme, "et je sais que vous êtes Rassendyll. Ecoutez-moi sans m'interrompre car le temps presse".


47. Intrigué par cette étrange invitation, Rassendyll décida de se rendre au rendez-vous nocturne. Sapt essaya d'abord de le dissuader de prendre de tels risques, puis il finit par se ranger à son avis, mais à condition de l'accompagner. A onze heures et demie, les deux hommes arrêtaient leurs montures à la grille du parc. Ils se séparèrent: Rassendyll gagnerait le pavillon tandis que Sapt ferait le guet dans la rue. Ils se serrèrent la main avec émotion.
"Vous avez votre revolver", grommela Sapt, "N'hésitez pas à vous en servir en cas de danger".